Mondiaux Junior ISA : l’équipe de France sur le podium !

Tya Zebrowski et Clémence Schorsch vice-championnes du monde, la France médaille de bronze des nations.

13/05/2024 par Ondine Wislez Pons

*Informations via la Fédération Française de Surf

Clémence Schorsch (U16) et Tya Zebrowski (U18) ont réussi une performance majeure en devenant vice-championnes du monde hier dimanche 12 mai, à Surf City au Salvador, où se sont achevés les Championnats du monde juniors ISA après neuf jours de compétition. Sous une chaleur accablante et dans des vagues de 1m50 à 2m, les deux jeunes tricolores ont puisé dans leurs ressources physiques et mentales pour arracher ces médailles d’argent qui, combinées à la 6e place de Tya Zebrowski en U16 et aux très bons résultats de Naïa Monte, 11e en U16, et Anaïs Blanchard, 16e en U18, la veille, permettent à l’équipe de France de monter sur le podium du classement des nations et de récupérer sa position de première nation européenne. L’Australie s’impose largement avec les deux titres individuels de Ziggy Mackenzie (U16) et Dane Henry (U18).

© Pablo Jimenez

La France monte sur le podium

L’équipe de France de shortboard junior courait derrière ce podium depuis huit ans et son titre, le premier et le seul à ce jour, de 2016 aux Açores. Elle a enfin pu regoûter au métal de bronze à l’issue d’une folle semaine où elle s’est fait très peur. Huitième au classement avec les deux tiers de l’équipe éliminés après 6 journées de compétition, elle aura terminé en boulet de canon grâce aux performances féminines. Les tricolores sont sur la boite pour la 6e fois en 20 éditions (2006, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2024) et on peut dire qu’ils ont sérieusement redressé la barre.

Anaïs Blanchard © FFSurf

Descendue au creux de la vague avec une 7e place en décembre dernier au Brésil, la France retrouve les sommets. Elle le doit en très grande partie à Tya Zebrowski (13 ans) et Clémence Schorsch (15 ans) qui, à elles seules, ont rapporté près de la moitié des points des Bleus en atteignant les finales après des montagnes russes émotionnelles. Sans oublier la pugnacité de Naïa Monte, 11e en U16, qui a effacé les tours de repêchages avec une technique, une maturité et une énergie déconcertantes pour ses 13 ans. Ajoutée à la nouvelle performance de la très régulière Anaïs Blanchard, 16e en U18, capitaine exemplaire pour encourager et conseiller ses coéquipiers, et qui part donc chez les « grands » avec une médaille autour du cou.

Naïa Monte © FFSurf

Clémence Schorsch vice-championne du monde en U16

Six mois après l’exploit du Brésil où la jeune landaise avait surpris tout le monde en se hissant d’un trait jusqu’en finale U16, elle est venue confirmer que sa 4e place de 2023 n’était pas due au hasard mais bien au travail. La championne de France de shortboard et de bodysurf, véritable watergirl, au sens marin décuplé et à l’intelligence tactique, a prouvé qu’elle avait sa place dans le concert international en frappant un nouveau grand coup. Plutôt réservée sur la plage, elle parvient à se muer en compétitrice impitoyable dans l’eau. Après avoir franchi deux tours de repêchages en matinée, dont le second en éliminant sa compatriote Tya Zebrowski, Schorsch a parfaitement géré les 30 minutes de sa finale avec l’option des droites à l’est du spot de la Bocaña. Et quand la grande favorite américaine Eden Walla, en bronze l’an dernier, s’empêtrait dans le bouillon face au podium des juges, Schorsch et l’Australienne Ziggy Mackenzie faisaient la différence plus au large.

Clémence Schorsch © FFSurf

A 7 minutes de la fin, la Française prenait même la tête après une vague à 5,93 points. Mackenzie, qui avait eu un 6,83 points plus tôt, lui repassait toutefois devant dans la minute. Sous la menace de la Franco-Sud-Africaine Louise LePront, Schorsch ne paniquait pas et conservait sa 2e place au plus grand bonheur de ses coéquipiers massés sur la rive, les pieds dans l’eau pour aller la féliciter. Cette seconde finale en un semestre est un exploit inédit dans le surf français et laisse présager un très bel avenir. 

Podium filles U16 © Pablo Jimenez

« C’est incroyable. Franchement, j’ai bien surfé durant toute la compétition et ça c’est plutôt bien. J’ai réussi à élever mon niveau au fur et à mesure des séries et je suis super contente. En finale, je n’ai pas réussi à trouver une belle vague pour améliorer mon total mais je suis quand même très contente de mon résultat. Je monte en puissance au fil des années. En quelques mois, j’ai fait deux finales mondiales avec une quatrième place en décembre au Brésil, et une deuxième place ici. C’est bien. Merci à tous ceux qui nous ont encouragé, merci aux coachs de la Fédération, et merci aux autres compétiteurs de l’équipe française de m’avoir soutenu durant toute la compétition ! »

Clémence Schorsch © FFSurf

Tya Zebrowski vice-championne du monde en U18

L’avenir de Tya Zebrowski est tout autant enthousiasmant. Le surf français a une chance inouïe de disposer d’un tel joyau. Qui n’est pas sans rappeler dans son éclosion précoce un talent venu de l’océan Indien, et qui avait marqué l’histoire en étant le plus jeune surfeur à se qualifier sur le CT en 2007. Tya Zebrowski surfe dans le sillage d’un Jérémy Florès et les similitudes sont suffisantes pour se permettre la comparaison, alors qu’elle vient de souffler ses 13 bougies. A commencer par l’encadrement, le choix de vie familiale, les origines ultra-marines, le bagage technique déjà très mature. Son attachement à l’équipe de France est un autre dénominateur commun. Il est suffisamment fort pour comprendre pourquoi et comment la Lando-Tahitienne s’est donnée à fond pendant 9 jours dans l’intérêt du collectif. 

Tya Zebrowski © FFSurf

Engagée dans les deux catégories, qu’elle a survolées jusqu’à dimanche matin, Zebrowski est allée au bout de ses efforts pour arracher la médaille d’argent en finale U18. Portée par ses coéquipiers après sa finale de repêchages perdue en U16, elle ne pouvait plus marcher pour traverser l’immense plage de galets. Après 100 minutes à ramer et surfer dans les vagues puissantes de la Bocaña, elle est restée allongée sur le deck de la zone des athlètes pour récupérer par 35 degrés ambiants, une poche de glaçons sur le front et les mains du kiné sur les jambes. Avant de repartir au combat pour 30 dernières minutes et une 5e série dans la même matinée. Et si elle n’a jamais pu disputer la victoire avec l’Hawaïenne Vaihiti Inso, dont l’option tactique de surfer les gauches face aux juges aura payé, Zebrowski s’est de nouveau dépassée.

Tya Zebrowski © FFSurf

Dans la bataille à trois avec l’Américaine Sara Freyre et l’Australienne Milla Brown, elle aura haussé une dernière fois son niveau, puisé dans ses ressources pour garder sa lucidité, faire le bon choix de vagues et taper fort pour se détacher à 12 minutes du coup de trompe final. Assurément, sa médaille d’argent et sa 6e place acquise en U16, sont deux victoires pour « Titi ». Le pari de jouer sur deux tableaux lui aura-t-il coûté une victoire ? Qui le sait vraiment. C’est en tout cas sans regret qu’elle peut refermer cette campagne 2024. L’expérience engrangée la fera revenir plus forte encore. L’an prochain, elle n’aura que 14 ans et encore trois saisons en U16. C’est dire la marge qu’il lui reste pour aller cueillir l’or qu’elle rêve de décrocher. 

Podium filles U18 © Pablo Jimenez

« Je n’arrive même plus à parler avec toutes ces émotions qui tournent dans la tête. Ce n’était vraiment pas facile. J’ai perdu dans la catégorie U16, j’ai été dans les repêchages en U18 aussi. Ça a été une très longue journée. En finale U18, je ne pensais vraiment pas que j’allais pouvoir me lever sur ma planche, je n’avais plus du tout d’énergie. Je n’arrivais même plus à marcher quelques minutes plus tôt. Mais tout se passe dans la tête, j’y suis donc retournée et ça s’est plutôt bien passé. Je suis très contente de ma médaille d’argent. J’ai vécu les pires 10 jours de ma vie. C’était très dur. Mais j’avais vraiment envie d’aller chercher ce podium et d’avoir une plus belle médaille qu’il y a deux ans (médaille de cuivre pour sa 4e place, ndlr). Franchement, c’est la meilleure équipe depuis que je suis en en équipe de France. Ils sont super cool. Il y avait une super ambiance. Je les remercie énormément pour m’avoir supportée jusqu’à la fin. C’est grâce à eux aussi que j’ai été loin. »

Tya Zebrowski © FFSurf

Le bilan de ces Championnats

Les championnats du monde juniors 2024 se terminent donc bien mieux qu’ils ont commencé pour l’équipe de France. Ce podium inespéré en milieu de semaine est venu rappeler que les Mondiaux ISA sont une machine à broyer les organismes comme les têtes. Un marathon dont nul ne peut préjuger de ses forces et de celles de ses adversaires. Hawaii, champion du monde 2022, dégringolé à la 8e place l’an dernier, remonte aussi sur le podium. Le Brésil, vainqueur en décembre à la maison, termine 6e au Salvador. Le Portugal, devant la France il y a six mois, chute à la 14e place, doublé par Tahiti. Quant à l’Australie, sacrée pour la 8e fois, un record, elle retrouve le toit du monde 11 ans après son dernier titre, en 2013 au Nicaragua. Cette année-là, la France était en bronze après sept éditions de disette. Elle allait enchaîner deux titres de vice-championne du monde avant son sacre de 2016. La méthode et la rigueur avait été son moteur. 

© FFSurf

La France en bronze malgré le parcours peu inspiré de ses six garçons, classés de la 25e à la 81e place, c’est aussi un goût d’inachevé dans la recherche de l’excellence. Avec davantage de points masculins, les Bleus auraient pu dépasser Hawaii et venir titiller les Australiens. C’est assurément vers cette haute performance qu’il faut tendre pour revenir plus fort encore en 2025. Première bonne nouvelle, nos fantastiques U16 seront encore toutes dans la même catégorie l’an prochain.

« Avant de tourner la page, il est temps de remercier une fois encore les 11 athlètes du collectif, et aussi celles et ceux qui ont permis ce retour au premier plan du surf junior mondial. Au travail de terrain de l’encadrement technique présent au Salvador, il faut ainsi associer le staff médical, la filière fédérale, la détection et le perfectionnement réalisés dans les clubs dont sont issus les surfeurs de l’équipe de France, et enfin, l’implication des familles. Cette médaille de bronze est pour tous » conclut la Fédération Française de surf dans son communiqué.

Anaïs Blanchard © FFSurf

Les finales

U18 Filles

1 – Vaihiti Inso (Hawaii) 16.67 pts    
2 – Tya Zebrowski (France) 13.63 pts
3 – Sara Freyre (Etats-Unis) 9.80 pts
4 – Milla Brown (Australie) 9.23 pts

U16 Filles
1 – Ziggy Mackenzie (Australie) 12.76 pts
2 – Clémence Schorsch (France) 11.36 pts
3 – Louise Le Pront (Afrique du Sud) 10.47 pts
4 – Eden Walla (Etats-Unis) 9.70 pts

U18 garçons
1 – Dane Henry (Australie) 16.80 pts
2 – Fletcher Kelleher (Australie) 15.97 pts
3 – Rickson Falcão (Brésil) 14.67 pts
4 – Ikko Watanabe (Japon) 8.70 pts

U16 garçons
1 – Dylan Donegan (Espagne) 15.30 pts
2 – Lukas Skinner (Angleterre) 13.04 pts
3 – Thiago Passeri (Argentine) 12.43 pts
4 – Alexis Owen (Nouvelle-Zélande) 11.50 pts

Inigo Madina © FFSurf

LE CLASSEMENT DES NATIONS
1. Australie 7098 pts
2. Hawaii 5525 pts
3. France 5059 pts
4. Etats-Unis 4988 pts
5. Japon 4853 pts
6. Brésil 4823 pts
7. Espagne 4741 pts
8. Pérou 4338 pts
9. Argentine 4305 pts
10. Afrique du Sud 4146 pts
… 13. Tahiti 3379 pts
(sur 54 nations)

Jay Phipps © FFSurf

Les résultats des Français

U18 filles
Tya Zebrowski : vice-championne du monde
Anaïs Blanchard : 16e place
Lilya Ambert : 49e place


U16 filles
Clémence Schorsch : vice-championne du monde
Tya Zebrowski : 6e place
Naïa Monte : 11e place


U18
Enoha Lepieres : 25e place
Jay Phipps : 29e place
Inigo Madina : 81e place


U16
Aaron Bacon : 33e
Esteban Coucoulis Lapierre : 49e place
Hugo Flori : 49e

Aaron Bacon © Jersson Barboza

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